jeudi 15 novembre 2007

Changement climatique : l'emballement ?



Une situation plus critique que prévue

La situation planétaire est plus critique qu'on ne le pensait :
- Les banquises fondent plus vite que prévu
- Les rejets annuels de co2 serait de 10 GT au lieu de 8, ce qui compromet l'objectif de Kyoto
- Les hypothèses du Giec 2003 sont revues à la hausse : au lieu d'une tendance

possible du réchauffement climatique inférieure a 2 degrés, il faut plutôt tabler sur une tendance entre 1,8 et 4 degrés, même en cas d'action immédiate. Le niveau des mers devrait croître de 2 mètres a l'horizon 2100 et non être inférieure à 1 mètre.- A l'horizon 2050, l'Onu prévoit 150 millions de réfugiés climatiques en raison de la montée des océans tandis qu'une association humanitaire considère que l'ensemble des manifestations directes et indirectes du changement climatique provoquera 1 milliard de réfugiés climatiques dans un contexte probable de tension extrême sur les ressources alimentaires.

- Les scenarii faisant l'objet d'évaluation ne prennent pas en compte des phénomènes encore mal quantifiés qui pourraient se produire dans le cas d'un réchauffement supérieur à 2 degrés, comme le dégazage du méthane contenu dans le permafrost.

Par conformisme, nous avons perdu 30 ans d'action depuis le rapport du club de Rome. Les économistes portent une forte responsabilité dans cet aveuglement collectif.

Depuis quelques mois, l'évolution des observations et des connaissances laisse penser que notre horizon s'est réduite de 50 ans, à 2050. Nous n'avons plus de marge de manœuvre.

Pire encore, pour Lester Brown, le temps nous est compté : "les recherches que nous avons effectuées nous amènent à penser qu’il faut réduire nos émissions en CO2 de 80% d’ici à 2020 et non d’ici à 2050 comme le soutiennent d’autres chercheurs".

Probablement aucune organisation politique ou non gouvernementale n'a sérieusement envisagé de plan cohérent capable d'assumer un tel pari, pas même notre parti. Un tel changement de notre modèle économique en si peu de temps relève de l'économie de guerre et non de la gestion ordinaire de l'état. Il implique des objectifs règlementaires contraignants en plus des dispositifs incitatifs.

Les verts doivent prendre au minimum communiquer sur la nécessité d'intégrer cette urgence dans nos politiques publiques et engager une réflexion élargie, dans un cadre pluridisciplinaire.

Une action internationale rapide

Si le Grenelle de l'environnement est un électrochoc salutaire pour la société française, nous devons avoir à l'esprit que l'adaptation des modèles de consommation devra être accélérée. Il faudra faire face à une pression sur l'environnement accrue, diversifiée et non seulement centré sur l'aspect énergétique.

Ainsi que le suggérait Al Gore, l'équivalent du Grenelle de l'environnement doit être réalisé très vite à l'échelle planétaire avec à la clé, la constitution d'un fond d'investissement considérable, qui pourrait être piloté par le FMI et des engagements forts des pays contractants.

La France doit prendre sans tarder une initiative en ce sens.

Mesurer pour décider

Nous devons avoir 2 inquiétudes pour l'avenir du Grenelle :

- La première est son financement qui sera décidé à partir du prochain budget, avec une attention médiatico-électorale affaiblie et un contexte économique alangui.
- La seconde est la question du thermomètre. L'effort devra être soutenu et contrôlé durant 50 ans. Les contraintes à tenir ne sont pas idéologiques, sociologiques mais physiques : on ne négocie pas avec une courbe d'accroissement des gaz a effet de serre.

Aujourd'hui la seule méthode viable, durable et générique dont on dispose pour mesurer la pression humaine sur l'environnement sous toutes ses formes, est l'empreinte écologique.

Rappelons les bornes qu'elle définit : l'empreinte planétaire supportable pour 6 milliards d'humains est de 1,8 ha/personne. L'empreinte planétaire actuelle est de 2,1 ha. L'empreinte de la France est de l'ordre de 5 ha.

Nous devons bien comprendre qu'a l'horizon 2050, le nombre de vies humaines épargnées sera une fonction linéaire du nombre d'hectares d'empreinte écologique préservé.

Il est techniquement et moralement nécessaire de faire de l'empreinte écologique le référentiel de notre politique de développement durable, quel que soit le parti au pouvoir. Elle doit jouer un rôle universel et unificateur équivalent à ce que fut le système métrique au 19ieme siècle.

L'intégration de cet indicateur à la charte de l'environnement doit être considérée comme un acte politique majeur bien qu'il ne coûte rien. Pour la France, sa décroissance doit être un objectif national contraignant, son rythme restant le choix des gouvernants.

Le choix d'un autre indicateur le PIB vert serait une erreur car par rapport à la contrainte considérée, un risque fatal, la valorisation économique de la dégradation écologique n'est pas déterminante mais elle apporterait une marge d'erreur supplémentaire, des querelles de spécialistes interminables propres à freiner les politiques publiques.

L'heure n'est pas à discuter du sexe des anges.

dimanche 28 octobre 2007



En économie, la compétition ne gagne pas, en politique non plus


La quiétude de la terre bourguignonne, qui a donné naissance à la "Cave", une initiative intellectuelle profitable au sein du parti des Verts, m'incite à la réflexion.
Une réflexion à bâtons rompus qui mêle économie et politique interne verte. Il faut croire qu'on pense mieux à ne rien faire à l'ombre d'un bon breuvage local. Ici, je vénère la dive bouteille, chère à Rabelais et les 35 heures, véritable divinité à deux faces !

L'idéologie dominante, le consensus médiatique, édifie la concurrence ou compétition en vérité incontournable et incontestable. Pourtant les travaux issus du même corpus intellectuel et des observations dans la sphère du réel mettent en évidence de multiples anomalies au paradigme de l'économie néo-classique. J'en évoquerai plusieurs.
La première relève de l'expérience : si la concurrence est au cœur du raisonnement économique, force est de constater qu'elle conduit inévitablement à sa propre négation, la création de situations monopolistiques, non concurrentielles qui ne sont limitées que par l'intervention de la puissance publique quant elle le peut. Le paradigme atomiste du libéralisme politique (une multitude d'individus mus par des buts égoïstes mais qu'aucun ne peut imposer par son seul vote, finissent par former un intérêt général) transposé en économie sous la forme du marché de concurrence pure et parfaite, s'il décrivait un optimum économique, devrait tendre à s'imposer naturellement à chaque fois qu'on favoriserait par le cadre juridique les conditions qui le font naître. Hors l'inverse se produit. Historiquement tout affaiblissement de la contrainte publique, toute libéralisation du marché tend à favoriser la réduction du nombre d'offreurs, l'augmentation de taille des survivants. Le dernier avatar de cet état de fait, nous le vivons aujourd'hui, les moyens techniques qui ont permis la globalisation ont également permis l'émancipation des firmes internationales à l'égard des contraintes politiques locales, non qu'elles cessent d'obéir aux lois en vigueur mais leur taille, la liberté de circulation des capitaux leur permettent d'aller ou bon leur semble et de peser sur les politiques publiques.

La course à la taille critique, la "nécessité" d'être lisible par les marchés financiers les incitent à être "leader sur leurs marchés" et sinon, quand elles ne le peuvent pas, à décrocher et vendre. Mais on peut aussi se demander si d'autres raisons, endogènes, ne favorisent pas cette annihilation tendancielle de la concurrence.

En tout état de cause, l'observation de la sphère économique aboutit à des résultats diamétralement opposés à ceux de la sphère naturelle : les écosystèmes, milieux apparemment très "concurrentiels" ou règne une forte prédation n'évoluent pas spontanément vers des situations de "monopole", au contraire la totalité des espèces coopèrent au maintient du système dans la diversité et la profusion. La prédation imparfaite agit en régulateur du système sur la "marge", s'il en était autrement le système tout entier irait vers sa propre destruction.

Parallèlement un faisceau de recherches met en évidence l'efficacité des mécanismes de la coopération. Coopérer signifie préférer un résultat collectif à un gain individuel. Si des mécanismes de coopération peuvent se développer dans un environnement concurrentiel, elle n'en demeure pas moins l'inverse de la compétition.
La recherche des relations de coopération prend differentes formes et différents noms, selon l'aspect qui est mis en valeur mais fonctionnellement, le but est le même : l'intégration du processus de production, la limitation des conflits.

Au sein des entreprises les méthodes de management, les techniques de communications sont largement diffusées afin d'obtenir la participation des salariés aux buts de l'entreprise. Sous sa forme la plus achevée, cette approche se traduit par une "culture d'entreprise" qui peut être confortée par un intéressement matériel aux résultats financiers. On objectera sans doute la dimension idéologique, normative, voir franchement "totalitaire" de ces techniques. Mais qu'on s'accorde sur ce point ou non, l'objectif est bien la "coopération" au sens qui a été évoqué et on peut raisonnablement penser qu'elle concourre à l'efficacité de l'ensemble Car il existe une maladie congénitale de toute organisation la solidarité globale s'efface au profit de solidarités restreintes, de baronnies, l'individu même tend à se ménager un espace de "liberté" qui garantisse son pouvoir de négociation. Ces dissociations génèrent un bruit de fond, des pertes d'informations, ralentissent les processus de décision, produisent des conflits. Le temps consommé à gérer la négociation interne est prélevé sur la productivité globale.

La recherche de la coopération dépasse le cadre de l'entreprise pour concerner les relations clients fournisseurs. Les relations de partenariat impulsées par les grandes entreprises, les concepts d'entreprises réseaux traduisent cette même recherche d'efficacité collective entre unités "indépendantes". On s'efforce de diluer les frontières juridiques au profit de la continuité de service.

L'informatisation de la société a très fortement favorisé cette tendance de plusieurs manières :
- l'informatique est avide de normes, de standard, de protocoles, de langages communs qui garantissent le transport de l'information et son traitement et il n'est pas surprenant que dés sa naissance, des situations de quasi monopoles se soient développés.
- La vitesse de diffusion et d'évolution des outils informatiques a favorisé au sein des entreprises des habitudes de partages des savoir-faire. L'ordinateur, cette machine bornée, psychorigide, acariâtre nous a tous, un jour, contraint à demander l'"aide d'un ami" mais elle nous a aussi institué en sauveur désintéressé à notre tour.
- L'évolution des interfaces hommes-machines, l'intégration croissante des traitements en flux ont favorisé le développement de traitements collaboratifs, l'intégration et l'automatisation croissante des traitements de données. On pourrait parler de communication composite (a l'image de matériaux composites) imbriquant fortement communication humaine et traitement automatisé d'information
- La demande des usagers a favorisé l'universalité des moyens et nourrit une culture de la coopération et de l'échange (Un courant de pensée auquel les verts se réfèrent souvent, souligne l'évolution de la société "post-industrielle" vers une "économie de la connaissance", à la production de plus en plus dématérialisée, où l'explosion des savoir-faire nourrit des solidarités techniques, où la valeur se réalise globalement, justifiant une nouvelle relation entre travail, solidarité et revenu).
- L'informatisation a permis une réduction des coûts de transactions de toute nature. Dans le genre la prime revient à la finance ou une opération de vente qui autrefois se serait limitée à une simple écriture comptable d'entrée-sortie entre acheteur et vendeur peut aujourd'hui s'accompagner d'une profusion de transactions de vente et revente successives au gré des fluctuations des cours. Il est devenu préférable aux entreprises de pouvoir atomiser les échanges clients-fournisseurs et de pouvoir les traiter avec la même simplicité que des flux internes. Les avantages de la continuité de service favorisent des coopérations étendues établies dans le cadre de relations stables contractualisées.

D'autres motivations y concourent sans doute mais ce qui me semble important est que globalement les tendances techniques lourdes de l'"offre" accréditent la supériorité des relations de coopération sur l'environnement concurrentiel. On pourrait également citer la durabilité des relations de partenariat dans l'aéronautique entre entreprises "concurrentes" qui s'explique par l'importance des marchés et des investissements. Le secteur ne compte plus que quelques opérateurs fortement coalisés.

Si l'on regarde les échanges transnationaux, on constate que l'essentiel des échanges est en liaison direct avec quelques centaines de grandes firmes internationales dont certaines ont un chiffre d'affaire supérieur au PIB de certains états de taille respectable.L'univers du "libéralisme économique" s'éloigne de plus en plus des hypothèses de base d'un marché de concurrence pure et parfaite. Tout au plus subsiste un vernis idéologique ou devrait-on dire religieux. Il est donc absurde de fustiger l'ultra libéralisme, comme le font souvent les alter mondialistes. Il serait plus juste de parler d'ultra libéralisme de marché de main-d'œuvre puisque c'est de cela dont il est question. Pour le reste, il vaudrait mieux parler de communisme privé ! Communisme, puisque l'intégration des marchés financiers aboutit a une appropriation collective des moyens de production et privé puisque la forme juridique relève de la propriété privée.

Information et coopération : Les Verts à l'heure du choix


Ce serait un paradoxe qu'un parti comme le nôtre, ne fasse pas de la "coopération" le cœur de sa réflexion sur l'avenir des processus de production, dépassant du coup le débat de la propriété né avec la question sociale. La coopération est vouée à structurer les relations professionnelles entraînant ou accompagnant la concentration croissante des organisations économiques et leurs ramifications extra-nationales. Dés lors la question n'est pas de savoir si le libéralisme est bon ou mauvais : sans régulation politique, il est condamné. C'est à ses partisans de nous expliquer en quoi le système qui se met en place est légitime bien que non libéral et comment il pourrait n'être pas en conflit avec la démocratie et le principe de citoyenneté.
Nous pouvons admettre que la rationalité économique impose une structure qui dépasse le cadre de l'état nation mais nous ne pouvons pas admettre l'établissement d'un suffrage censitaire implicite qui concentre le pouvoir économique – devenu le véritable pouvoir politique - entre les mains d'une nouvelle aristocratie, de nouvelles dynasties régies par le droit du sang et jalouses de leurs privilèges, qui s'emploient à contourner ou à réduire les législations qui pourraient les "spolier". Que cette élite admette volontiers de nouveaux venus, ne change rien. Il en a toujours été ainsi de toutes les aristocraties. Leur pouvoir n'en est pas moins exclusif, égoïste, antidémocratique et occulte.

L'idée d'une gouvernance planétaire semble la bonne réponse à cet état de fait ou plutôt cet état de force. Elle a le seul défaut d'être improbable à un horizon prévisible. Peu de nations sont prêtes à abandonner une parcelle de leur autorité pourtant factice sur certains aspects, au profit d'ensembles plus vastes. Le cas européen en est la démonstration. Les traités internationaux s'ils paraissent répondre partiellement à cette idée d'une gouvernance planétaire font la part belle au lobbying. La complexité des négociations multilatérales ne favorise pas le débat démocratique.

C'est encore un paradoxe qu'un parti comme le nôtre qui a cru faire de la politique "autrement" fonctionne en interne sous le régime de la compétition et non celui de la coopération. Tous les courants nous expliquent qu'ils sont "utiles" à la démocratie qu'il faut bien que se discute la ligne du parti. On a été jusqu'à convoquer les sociologues et les politologues qui nous ont expliqué savamment que les tendances c'était normal....
Il y avait dans les paroles de nos doctes gens un sympathique côté conseil radiophonique : "votre fils se masturbe ? mais vous savez, c'est normal, ils font tous cela…" Je veux bien les croire. Je fais pourtant une différence entre un parti de 150 000 adhérents et un de 8000. Et le résultat est bien la : un système hautement compétitif et faiblement coopératif, au point qu'on n'hésite pas a redoubler certains postes ou à les contrebalancer pour "équilibrer" le jeu. Non seulement il y a compétition mais en plus nous veillons à ce qu'il n'y ait jamais de vainqueurs. Nous cumulons donc les désavantages de la compétition sans pouvoir espérer l'inévitable concentration progressive qu'elle pourrait engendrer et donc les relations de coopération qui font l'efficacité des organisations.

C'est encore un paradoxe que nous ayons fait de la "mutualisation" un des maîtres mots de nos discours. Il est vrai que la où la mutualisation a fonctionné dans le parti, les résultats sont plutôt positifs : avec très peu de moyens et beaucoup de bonne volonté nous avons mis en place un réseau d'outils de communication électronique "efficaces" en terme économique (encore insuffisant en terme d'impact militant mais pour cela il manque le nerf de la guerre et la clarté de l'image médiatique).

Cela nous laisse imaginer ce que pourrait être ce parti si pendant 5 ans nous pouvions faire converger nos énergies au moyen de relations de coopération, au lieu d'imploser tous les 2 ans : manifestement le moteur à implosion n'est pas au point.

J'invite donc chacun à méditer cette réflexion sur la coopération. En raison de notre culture écologiste, nous avons la capacité de tirer le meilleur parti d'un fonctionnement coopératif. Face aux grosses machines des autres partis, nous pouvons tirer partie de notre faiblesse numérique, décider rapidement, partager la même information, dépasser le handicap du nombre par la solidarité et l'enthousiasme.
Face au Grenelle, la réaction concertée de nos élus va dans ce sens, c'est un bon début, même si la tonalité gagnerait à être affinée et les possibles effets collatéraux à être mieux évalués.

Nous avons désormais une échéance critique en décembre : la réforme des statuts. Nous pouvons en faire une simple formalité si nous acceptons le principe d'efficacité.
Nous pouvons aussi en faire le cercueil de nos ambitions politiques en nous accrochant au passé.

Nous passerions ainsi de la Cave, au caveau.

Coulanges, Aout, octobre 2007

jeudi 26 juillet 2007

Ecologie: le temps des ingénieurs.


Les écologistes ont-ils un avenir ? la "branlée du 22" et la prise de conscience écologique suscite de nombreuses interrogations à ce sujet.

Un mail récent sur "Alphavert", "TRIOMPHE DE L'ÉCOLOGIE ET FIN DES ECOLOGISTES",fortement argumenté, nous interpellent à ce sujet. La première remarque qui s'imposent est que de toute évidence la fin pressentie serait celle des écologistes politiques et non celle des militants associatifs que le "Grenelle de l'environnement" met plutôt à l'honneur.


La 2°) remarque est effectivement que la prise de conscience écologique risque de changer la donne en matière de "qualification". Dès lors que les pouvoirs publics et les entreprises ont admis la nécessité d'une politique de développement durable, un travail de fond s'engage sur l'ensemble des processus de production de la société. A l'époque héroïque des pionniers, des écologistes ont joué le rôle de professeurs Nimbus. et de savants fous de l'écologie, expérimentant sans moyen et dans le déni général les solutions aujourd'hui reconnues par tous. L'époque de leur généralisation. appartient aux ingénieurs, aux bureaux d'études, aux hommes de l'art, agissant à la croisée des chemins entre sciences, techniques et économie. Personne dans ce type de mission n'a besoin des écologistes et nous ne sommes pas nécessairement les mieux qualifiés dans un travail d'optimisation utilisant les savoir-faire existants.

Il sera même tentant de rejeter les pères fondateurs dans le néant politiques de l'idéologie tandis qu'en toutes choses il faudrait laisser le champ libre aux ingénieurs de tous poils tenant dans une main la règle de leur métier et dans l'autre l'équerre du fascicule "comment faire son agenda 21 en 21 leçons ". Circulez, il n'y a plus rien à voir.

Mais si tel est le cas rien ne sert de recentrer le discours des Verts ou du parti qui s'y substituerait, sur l'écologie seulement. C'est l'ensemble des militants écologistes politiques quelle que soit leur nuance qui serait hors-jeu, coincés entre les ingénieurs, les technocrates de l'administration publique et les militants associatifs représentant les groupes d'intérêts citoyens.

On pourrait multiplier les exemples de cette nécessaire émergence du rôle des ingénieurs dans la mise en oeuvre du développement durable, lequel peut-être compris comme un processus classique d'optimisation appliquée à de nouvelles variables techniques.

Aujourd'hui dans l'industrie aéronautique on opère un traitement technique systématique, continue, de réduction de masse sur tous les éléments d'un avion. Et réduire la masse de l'appareil permet soit de réduire la consommation de carburant, soit d'accroitre la masse transportable, soit de réduire le coût matières approvisionnées, avec cependant la contrainte du coût induit par cette réduction de masse.
Le développement durable pour une part essentielle va consister à appliquer ce type de raisonnement sur d'autres variables qui sont la consommation énergétique, les émissions carbone, les autres émissions polluantes, la consommation d'eau etc.. Les solutions sont techniques et relèvent des savoir-faire des métiers concernés.

Nous entrons dans le monde du comment parce que nous avons la réponse au pourquoi. Le "Grenelle de l'environnement" dans ce monde parfait de la technique triomphante pourrait dresser une sorte d'état sanitaire de la planète France duquel pourrait surgir un consensus sur la stratégie à suivre, les délais à tenir pour les objectifs à atteindre.
Pourquoi pas.

Il ne manque à ce tableau idyllique que les hommes et la description des contraintes économiques car, à la différence d'un processus technique d'optimisation de masse d'un avion qui s'inscrit simplement dans un processus de compétition économique et technique, on se heurte à un cadre réglementaire inconnu et incertain et à des impacts sociaux involontaires. L'un des enjeux sera de définir ce cadre réglementaire nouveau et contraignant, même si une bonne part à déjà été défini par l'Union Européenne pour la France est souvent contre son gouvernement et les lobbies qui ont droit de cité.

Force est de constater qu'une bonne part des difficultés de l'écologie se concentrera sur ce point. Nous verrons à l'issue du processus de Grenelle ou se comptent les cocus de l'affaire. Mais dès à présent on peut noter les décalages entre la prise de conscience écologique et les arbitrages politiques. Juppé, "le meilleur d'entre nous", touché par la grâce écologique, a tranché en faveur des OGM Monsanto. Barnier, ancien ministre de l'écologie, a défendu bec et ongles, les quotas de pêche à l'anchois, en vrai ministre de l'agriculture de tradition chiraquienne. Sarkosy a récemment publié son intention de passer outre le SDRIF, remettant en question le rééquilibrage du développement entre l'est et l'ouest de l'Île de France.

Nous risquons de voir apparaitre au milieu des vœux pieux, les contradictions classiques d'intérêts ainsi qu'une cassure parmi des associations d'environnementalistes, entre celle dont la thématique relativement neutre est recyclable ou incontournable et celles qui opèrent sur la rupture écologiste du mode de vie. Celles-là seront bientôt rejetés dans l'idéologie et l'extrémisme.

À mesure que nous avancerons dans le débat nous verrons également monter en puissance la question du rythme associé à la criticité des échéances. Devra t-on retenir comme échéance fatidique du pic de Hubert la prédiction de l'ASPO (2011), ou celle plus insipide et. plus politiquement neutre de 2023 ?

Devra-t-on d'ailleurs lors de ce Grenelle, mettre des chiffres et des échéances derriere les intentions proclamés ? je veux dire les figer par la loi et par les programmes politiques. La culture du résultat du président actuel semblerait aller dans ce sens. Nous verrons si le courage politique suivra ou si les petits calculs reviendront. Mais il faudra bien globalement valider si des objectifs s'accordent aux échéances et si la nécessité de maitriser l'opinion publique n'interfère pas avec les objectifs proclamés.

Il est crucial en terme de développement durable ( ou de décroissance, dans notre vocabulaire) que la question des nouveaux indicateurs et leur haut niveau de visibilité et de priorité comptent parmi les résultats du Grenelle de l'environnement. Sans cela, pas de mesure objective de l'efficacité écologique des politiques publiques. L'empreinte écologique doit devenir un indice majeur du tableau de bord national, sa décroissance doit être inscrite dans la charte de l'environnement.

Plus encore nous devons constater que l'une des conséquences de cette rencontre sera de réhabiliter la politique, la volonté ordonnatrice organisant et hiérarchisant la multiplicité des enjeux d'environnementaux spécifiques.

La notion d'arbitrage sera au coeur des délibérés.

Les éco-taxes reconnues par tous, maintenant, peuvent laisser le sentiment que finalement l'écologie c'est fastoche. Il suffit de donner au marché les bonnes règles et la loi de l'offre de la demande fera le reste.

l'opinion publique ayant été bien préparée, l'urgence et la nécessité étant acceptés dans les coeurs il suffira seulement de pousser les éco-taxes, à périmètre fiscal constant, bien entendu.

Nous ne pouvons écarter la capacité de Sarkosy à brouiller les limites. Nombre de nos propositions sont acceptables par tous. Il peut le faire par calcul mais il peut aussi le faire par conviction et par intérêt bien compris. Ne perdons pas de vue que les années 2011-2012 pourrait être des années charnières de la crise écologique en même temps qu'une époque de renouvellement présidentiel.

Son goût pour les défis peut très bien le conduire à rendre aux écologistes qui l'avaient mal notés pendant sa campagne, la monnaie de leur pièce, en semant la zizanie dans leur camp. Nous pourrions avoir ce paradoxe: une mouvance écolo désunis face aux résultat de Grenelle, une politique écologique insuffisante au regard des échéances à venir mais qui néanmoins va beaucoup plus loin que ce que tous les gouvernements précédents avaient consenti.

Dans un tel contexte le rôle d'un parti écologiste sera irremplaçable : il devra fonctionner comme un point fixe, une boussole et l'une de ses missions sera de resituer les objectifs environnementaux par rapport à l'ensemble des questions politiques concernant la société française. Il aura également à décharger les associations environnementales de la délicate question sociale et de la manière de la mettre en relation avec cet agenda 21 de la nation.

En d'autres termes l'écologie politique n'est pas hors course est plus que jamais notre discours ne peut être purement écologiste ( ce qui ne n'exclut pas que notre communication sur les fondamentaux doit s'améliorer singulièrement). Le travail effectué au sein des Verts depuis 20 ans n'est pas perdu et la synthèse qui me semble s'être opérée au cours de la campagne présidentielle dans la formulation cohérente de nos convictions est une base sérieuse pour concevoir l'avenir.

Chacun comprendra que cette opportunité pour les écologistes exige qu'il existe un parti unifié, sûr de lui , où la cacophonie et le sauve-qui-peut sont exclus. Sur ce, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Les forces qui pourraient s'adjoindre seraient bienvenues. Aujourd'hui rien ne nous permet d'affirmer qu'il existe une volonté d'unité en-dehors de nos seuls rangs. Bien évidemment nous devons tout faire pour l'encourager, le travail engagé par Yann Werhling pour rapprocher la famille écologiste doit être poursuivi, sans exclure sur notre droite ou sur notre gauche sous prétexte de rectitude idéologique et sans tenir pour autant des paris incertains mettant en péril notre propre existence ou notre stratégie de fixation de l'électorat écologiste, base indispensable d'une unité de l'opposition autour de nos orientations.
Sauvons nous nous-même et laissons à Dieu le soin d'en sauver d'autres à nos côtés, la seule responsabilité qui nous incombe est celle de l'hospitalité. Soyons convaincus que pour rassembler et persuader, il faut être unis et sereins.

L'heure n'est pas à laisser paraître un parti déstabilisé par un échec, fusse celui de la "branlée du 22". Tirons vite toutes les conclusions qui s'imposent et que nous connaissons tous depuis longtemps. Mobilisons l'essentiel de nos forces pour réagir aux manoeuvres qui s'apprêtent.


En parallèle s'engage un débat sur la réforme des institutions. Peut on croire que la droite soit prête à aller jusqu'à la réforme des collectivités locales? Malgré l'absence de limite fixée dont se targue Nicolas Sarkosy, il est peu probable que la droite et la gauche classique aillent de concert jusqu'à envisager un tel bouleversement dans la politique française. Il existe même un risque que le parti socialiste fasse capoter ce projet. Sur un tel sujet les associatifs n'ont que peu de prise, c'est un travail de politique pure. Pourtant des questions essentielles d'aménagement du territoire en dépendent, avec un impact fort sur les politiques environnementales.


La encore, les verts ont quelque chose à apporter à l'écologie, à la gauche, à la société dans son ensemble. Et il ne serait pas admissible que nous soyons absents pour cause de démocratie interne envahissante alors même que nous avions fait de la 6e république un des axes forts de notre campagne présidentielle.


Enfin je dirai que la fainéantise ne nous est pas encore permise : nous connaissons les solutions pour aujourd'hui, dictées par l'urgence. Mais l'écologie politique se joue à 20 ou 30 ans. Que ferons nous des réfugiés climatiques ? Comment faire face à la chute prévisible des rendements agricoles, à la concurrence entre les usages alimentaires et industriels des produits issus de la photosynthèse ? Comment "agrandir" notre planète sans perpétuer la fuite en avant dans la dilapidation des ressources naturelles? Comment faire face à la profusion technologique ? Je n'ai pas le sentiment que nos solutions actuelles, indispensables, soient suffisantes à cet horizon.


La technique et la politique s'entrelacent nécessairement. Si le temps des ingénieurs est venu, le temps des écologistes n'est pas terminé pour autant.

lundi 2 juillet 2007

"Ne pouvant maîtriser cet événement, feignons d'en être l'instigateur."



La démarche de "fondation" énoncée à Tours a échappé au pire : engager un nouveau processus de cessession affaiblissant encore la mouvance écologiste pour courir après des lapins magiques. Le risque est cependant devant nous car le raidissement des uns et des autres est encore possible.

Le choix de Yann Werlhing, de Dominique Voynet, de Bruno Rebelle de s'y rendre était de bonne politique. Il va dans le sens de l'efficacité et du dialogue.

La décision, minimaliste, de construire une association qui soit une sorte de forum hors partis ne disposant pas de statuts trop élaborés ou d'un manifeste verrouillé, offre une certaine plasticité utile pour l'avenir.

S'en tenir écarté serait une erreur. Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas nourrir la machine ? si cette structure assez informelle était capable de créer un appel d'air. dans le pire des cas elle deviendrait un doublon allégé du parti des verts, à la durée de vie limitée.
Cela vaudrait mieux que de la laisser dériver comme un radeau emportant son équipage vers des horizons incertains, mené par l'orgueil ou l'entêtement.

Pourquoi ne pas engager le processus d'évolution du parti des verts au travers d'une association dans laquelle les militants seraient amenés à entendre les attentes des militants associatifs et à y apporter les réponses appropriées ?

Puisque Tours n'a pas souhaité être une bastille, gardons nous du rejet qui porterait le sceau d'une nouvelle confrontation et gardons nous d'en faire le siège.

Bien au contraire, toutes les composantes vertes ont intérêt à se joindre à l'initiative, qui pour l'heure a surtout attiré des militants verts, en une troupe modeste.

Acceptons le pari de sortir du cadre rithmé par les échéances internes du parti et voyons ce qu'il pourrait en sortir.

"Ne pouvant maîtriser cet événement, feignons d'en être l'instigateur."

Soyons-en, sans machiavelisme, le temps des affrontement internes est révolu, si nous souhaitons sortir de l'immobilisme. Somme toute, cette démarche prolonge le dialogue engagé par Yann Werlhing avec toutes les composantes écologistes, pourquoi s'en plaindre ?

Pour l'heure la priorité est que le parti des verts reprenne position sur la scène politique, nous ne devons pas témoigner de faiblesse en vis a vis d'un Parti socialiste déboussolé. Contrairement au reste de la gauche, nos idées fondamentales n'ont pas été ébranlées, bien au contraire.

Alors affirmons notre présence sans nous perdre en rixes sur la stratégie.

Ce constat de réalisme ne doit pas nous faire oublier les faiblesses de la démarche tourangelle et d'y réfléchir :

  • - rien ne permet de penser aujourd'hui que les composantes qui hier, à la veille de l'election présidentielle ont écarté l'idée d'un candidat unique de l'écologie soient prêtes à accepter plus encore : l'auto-dissolution au profit d'une structure où elles n'auraient qu'un poids minoritaire. D'autant que plusieurs ont déja fait leur choix au sein du Modem.
  • - pour laisser le projet murir, les questions qui fachent sont restées dans un état incertain et elle le sont par la force des choses car ni le centre, ni le reste de la gauche n'offrent de certitudes. On batit sur du sable et on achète des alliances à crédit.
  • - l'échéance de décembre 2007 pour refonder les statuts du nouveau parti est normale du point de vue de la démocratie mais bien trop éloignée du point de vue de l'action politique. C'est dés le mois de septembre que le parti des verts doit témoigner de son souci de changer son fonctionnement interne et probablement dés le mois d'août que ses élus nationaux auront à engager une véritable communication maitrisée, affirmant la présence des écologistes politiques, notamment face aux ambiguités du "grenelle de l'environnement".

Le vent n'empêche pas la terre de tourner. laissons la terre tourner et naviguons avec le vent, nous n'irons pas plus loin que l'horizon ... "Horizons Ecologie", cela va de soit.













jeudi 21 juin 2007

A ceux qui veulent casser leur jouet

L'heure des élections est passée, momentanément.

Une fois de plus, Les Verts après avoir bu la tasse sauvent les meubles.
Sauvés par les électeurs, pas par nous-mêmes car ,tandis que nous étions au bord du gouffre, nous n'avons pas échappé aux brouillonnes initiatives de quelques personnalités.
L'agitation vaine encore et toujours !

Il nous fallait travailler, être présent sur le terrain, dire aux électeurs qu'il étaient désormais libres de voter utilement vert sans crainte. Il nous fallait profiter de ce que cette campagne douloureuse avait apporté de positif : le courage et la combativité de Dominique Voynet, malgré ce revers, forçait le respect et pouvait retomber en pluie fine sur tous les candidats verts.

Je devrais surveiller mes éloges, je vais passer pour un "voynetiste"... ce n'est pas une maladie honteuse mais on peut y perdre des relations. Parfois c'est bizarre quand vous semblez être en humeur avec quelqu'un de connu, y'a des types qui oublient de vous serrer la main.

Pourtant, foutre dieu! Il y avait autre chose a faire qu'à jouer la sonnerie aux morts et aujourd'hui encore, si nous devons engager une critique objective des évènements récents, nous ne devons pas perdre de vue qu'en politique on ne meurt que si l'on s'arrête : le mouvement oui, l'agitation vaine, les moulinets médiatiques, les lamentations pitoyables, non.

Le mouvement brownien, permanent, d'auto-dissolution qui paralyse le parti depuis trop longtemps a repris, malheureusement. Avec les meilleures intentions du monde, initiatives bordéliques et éjaculations devant les micros se succèdent : chacun arrivent avec sa petite tendance et sa solution à Mimile pour sauver l'écologie politique.

L'idée de base assez communément partagé de nos diafoirus de la ligne politique est qu'en charcutant un peu les verts, on devrait arriver a quelque chose, au moins en théorie. chacun y va de sa recomposition, de son pole à popaul, voir carrément de sa dissolution.

Aujourd'hui, jour de gloire, Notre ami Cochet nous a révélé sa recette du "vert a la française" : On a failli s'exploser sur les présidentielles, dans 9 mois on a des élections municipales et bien on va tout péter, on s'auto-dissout, au profit d'un rassemblement des écologistes qui n'existe pas et pourrait bien ne jamais exister (jusqu'ici les éclatements et cissions n'ont jamais produit d'unions).

Comme ça les militants qui étaient prêts a se défoncer pour l'écologie seront encore plus déstabilisés, dans un bordel noir, sans organisation, sans soutien national, sans existence légale.
je te raconte pas la teuf d'enfer qu'on va se faire et la braderie phénoménale : enfin toute l'écologie sera à prendre. Les partis vont se goinfrer de verdure, ils vont chier biologique, ils vont séquestrer jusqu'au méthane de leurs pets pour le snifer derrière les mairies.

j'ai adoré son bouquin "Pétrole Apocalyspe", j'en ai fait la promo, j'ai même voté pour lui, mais la, son plan "Verts apocalypse", je ne sais pas pourquoi, j'aime pas du tout.

Parfois les militants verts ressemblent à Panoramix dans le Combat des chefs après avoir pris un menhir sur la tête...

Qui est le crétin qui a balancé un menhir sur Yves Cochet ?

A moins que nous ne soyons des grands gosses passionnés de mécanique qui cherchent toujours à démonter leur jouet, à arracher les pattes des fourmis, les ailes des mouches pour voir si elles vivent encore.

Bon, je vanne un peu, façon théâtre de guignol, nos responsables, qui ne le sont pas forcément. Il y a comme un syndrome Bac+5 dans notre joli parti : il y a plein de gens tellement intelligents qui ne peuvent pas imaginer ne pas détenir la ligne politique absolument nécessaire. La passion du débat et de la rupture l'emporte sur l'austérité de la continuité besogneuse, de l'accumulation collective, la convivialité.

j'espérais que la branlée du 22 nous réveillerait tous : bigre, 1,5% et si on arrêtait de faire les cons ? Manifestement ce n'est pas gagné.

la continuité besogneuse, l'accumulation collective, la convivialité.
N'importe qui peut comprendre
  • - qu'en politique comme en éducation, la répétition favorise l'imprégnation des esprits.
  • - qu'un parti ne peut pas progresser avec une image publique de division, d'organisation en voie d'autolyse.
  • - qu'on offre pas a gouverner a des politiques pour qui chaque décision est l'enjeu d'une crise ou d'un conciliabule inaudible.
  • - qu'un adhérent neuf, ne reste pas dans un parti qui semble sans solidarité interne.

La solution ? elle est contenue dans l'énoncé du problème. La branlée du 22 devrait nous inciter a la jouer modeste.
  • A nous réformer nous même. Individuellement. moins de chicanerie, de compétition interne. Plus d'écoute, de jeu collectif.
  • A nous recentrer sur nos missions militantes et nos liaisons naturelles. et de ce point de vue les Cochet, Arditi ont raison de nous inciter à revaloriser notre fond écolo. Ce sont ces militants associatifs qu'il faut d'abord convaincre.
  • A réformer nos statuts par touches successives mais sans tarder
  • A veiller a fabriquer des personalités durables, a stabiliser l'exécutif, éviter le climat d'assemblée générale permanente
  • A coordonner nos interventions publiques en évitant la cacophonie et l'égotisme envahissant.
  • A diversifier nos stratégies et présenter l'image de l'ouverture : le parti socialiste n'est pas l'alpha et l'omega. Mais il est complètement con de vouloir batir l'avenir du parti sur des virtualités :
  • Nul ne peut savoir si on peut bâtir quelque chose avec ni-ni bayrou qui fait des bisous à tout le monde mais ne tronche avec personne.
  • Nul ne peut prétendre faire une union des écologistes avec des mini-partis qui veulent bien pour l'instant profiter de l'éclairage que nous leur apporterions mais qui comme tout parti ne peuvent supporter de ne plus exister. Ce qui existe aujourd'hui, c'est l'Alliance pour la Planète et nous devons avoir un échange fructueux avec cette organisation
  • Nul ne peut construire des schémas qui dépendent d'un mode de scrutin proportionnel tant que celui ci n'existe pas.

Toutes les alliances sont envisageables du moment qu'on avance lentement avec un caleçon en acier trempé.











jeudi 17 mai 2007

les remarques de Noël Mamère dans son message "les Gremlins" ne sont pas inintéressantes mais elle ne vont pas nous aider à redorer notre image avant les législatives, il aurait mieux valu laisser passer l'orage.

et puis c'est bien de lancer un appel mais après on fait quoi ? "Je ne mourrai pas noyé avec les Gremlins", il veut faire un nouveau parti ? émietter un peu plus les écologistes et la gauche ?

"ni supplétif du Parti socialiste, ni composante du nouveau centre, mais libre de voler de ses propres ailes, à gauche et en Vert. "
certes, c'est bien dit mais je crains que cela ne soit que la réaffirmation de l'identité verte, un retour aux sources (ce que régulièrement nous sommes invités à faire par l'un ou l'autre de nos leaders), au moins dans les mots car en fait les réalités politiques nous rattrapent : en l'absence de taille critique, dans un système électoral tendant au bipartisme nous serons toujours menacés d'être des supplétifs.

trop d'impatience, trop d'empressement.... encore une fois, la faiblesse du jeu collectif nous nuit.

si nous essayons pour une fois un vrai "remue-méninges", sans apriori, en oubliant nos amitiés, nos inimitiés, nos allégeances ?... mais après les législatives.

L'abeille charpentière veut bien rejoindre le papillon mais Noël, sois gentil, réajuste le tir.

Précise que l'écologie ne doit pas se diviser mais se multiplier, précise que pour effectuer cette mutation que tu demandes, l'écologie doit faire le plein de ces électeurs tandis que le parti socialiste s'enfonce dans la discorde et les rancoeurs.

Apporte ton énergie, ta conviction et tes colères aussi à ceux qui vont se battre pour les législatives.

samedi 28 avril 2007

Les Verts, à la croisé des chemins


L'élection présidentielle marque un tournant pour les verts.

Les electeurs n'ont pas suivi la stratégie identitaire imposée par les militants.

Décidément non, avec beaucoup de gentillesse, ils nous expliquaient qu'ils avaient envie de voter pour nous mais qu'ils ne voulaient pas prendre le risque de faire perdre la gauche.


Dominique Voynet et avec elle la plupart des responsables du parti ont accusé la pression socialistes pour le vote utile, le brouillage Hulot-Bové.

Cette analyse est fausse. Utile pour réconforter les militants déstabilisés mais fausse et dangereuse car l'appareil tout entier risque de se replier sur lui-même et de s'enfermer dans une stratègie groupusculaire et suicidaire, celle justement qui vient de nous conduire au bord du précipice.

Avant même que les socialistes n'engagent franchement la campagne pour le vote utile, Dominique Voynet était à un niveau bas dans les sondages. Le brouillage Hulot-Bové a été réel. Mais il traduisait déja le fait que les Verts ne parvenaient pas a cristalliser un rassemblement autour d'eux alors même que les enjeux écologistes étaient préoccupants.

Bref nous avions laissé un vide. Nous n'avions a offrir qu'une candidature identitaire tandis qu'une tempête violente s'annonçait : la revanche du 21 avril.

Nos electeurs n'avaient besoin de personne pour faire leur choix. Les militants verts auraient été en mesure de le comprendre par eux-même en temps utile s'ils avaient été un peu à leur écoute.

Malheureusement tout notre fonctionnement interne, hyper-démocratique recentre les enjeux sur l'état d'esprit des militants eux-même et non sur celui de nos électeurs. cela nous met a l'abri de la démagogie mais nous expose à d'autres mots : rigidité intellectuelle, manque de discernement sur les enjeux et leur séquencement dans le temps, psychodrames internes.

Nous nous sommes accrochés à l'idée que les verts ne pouvaient pas ne pas être présents à cette élection et pour ne pas désesperer la base, nous avons ignoré ce qu'il coûterait de faire un mauvais résultat. être présent, Pourquoi pas. mais fallait-il partir seul ?

Nous n'avons jamais manqué d'idées pour expliquer notre difference, avec Hulot, avec Lepage, avec Bové. Bien. Etait-ce l'enjeu ? Rassembler, peser sont les maitres mots de l'election présidentielle.

Nous avons argumenté que Ségolène Royal ne risquait rien. mais alors cela voulait dire que nous ne courrions que pour la portion congrue. Ni pour gagner. Ni pour faire perdre.


Etait-ce l'enjeu pour nous ?
Nous voulions partir seul et mobiliser "notre" camp. nous voulions cependant negocier un programme, un groupe parlementaire, la proportionnelle avec le PS tout en garantissant notre soutien inconditionnel contre la droite au second tour.


Nous nous sommes fait plaisir, comme on boit jusqu'à vomir. Saurons nous tirer partie de cette gueule de bois electorale ?

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samedi 24 mars 2007

Pourquoi ce "blog" ?

Ayatollah Vert !
Longtemps, à droite, mais pas exclusivement, on s'est plu a caricaturer les écologistes en les qualifiant de la sorte : des Ayatollahs Verts ! semant leurs mots d'ordre tel des fatwas, signe ultime de l'intolérance.
Ayatollah Vert !
ce sont ces même "fatwas" qu'aujourd'hui, a droite comme a gauche, on s'efforce de "recycler" en tentant de faire oublier combien on les a raillé par le passé.
Nos nouveaux experts es écologie se dépêchent d'ajouter, tel un certain candidat aux elections présidentielles que l'écologie ne doit pas être une idéologie. Non, pour celui la et quelques trous du cul, l'écologie est seulement un marché électoral ou l'on vient picorer les quelques voix qui pourraient manquer les jours de disette statistique.
Ayatollah Vert !
j'ai donc choisi d'assumer l'insulte, la caricature et l'odieuse calomnie de l'expression pour écrire ces lettres ou parfois les reproduire car je souhaite , aussi remonter dans le temps pour laisser voir à chacun comment s'élabore la reflexion au sein d'un parti politique écologiste, comment d'opinions communes peut surgir une cohérence intellectuelle : l'écologie politique.
Ayatollah Vert !
Oh certes, un petit Ayatollah Vert de banlieue, derriere ce pseudonyme "greenbox", ne se cache, ni penseur mondain, ni chef de clan, ni activiste redoutable. l'ordinaire du parti des Verts.
Et de fait on y lira aussi, par le petit bout de la lorgnette, sans indulgence les manques, les lacunes de ce parti ayant tout pour réussir et gachant tant d'opportunités.

vestige d'un graphe disparu de 2BK