jeudi 21 juin 2007

A ceux qui veulent casser leur jouet

L'heure des élections est passée, momentanément.

Une fois de plus, Les Verts après avoir bu la tasse sauvent les meubles.
Sauvés par les électeurs, pas par nous-mêmes car ,tandis que nous étions au bord du gouffre, nous n'avons pas échappé aux brouillonnes initiatives de quelques personnalités.
L'agitation vaine encore et toujours !

Il nous fallait travailler, être présent sur le terrain, dire aux électeurs qu'il étaient désormais libres de voter utilement vert sans crainte. Il nous fallait profiter de ce que cette campagne douloureuse avait apporté de positif : le courage et la combativité de Dominique Voynet, malgré ce revers, forçait le respect et pouvait retomber en pluie fine sur tous les candidats verts.

Je devrais surveiller mes éloges, je vais passer pour un "voynetiste"... ce n'est pas une maladie honteuse mais on peut y perdre des relations. Parfois c'est bizarre quand vous semblez être en humeur avec quelqu'un de connu, y'a des types qui oublient de vous serrer la main.

Pourtant, foutre dieu! Il y avait autre chose a faire qu'à jouer la sonnerie aux morts et aujourd'hui encore, si nous devons engager une critique objective des évènements récents, nous ne devons pas perdre de vue qu'en politique on ne meurt que si l'on s'arrête : le mouvement oui, l'agitation vaine, les moulinets médiatiques, les lamentations pitoyables, non.

Le mouvement brownien, permanent, d'auto-dissolution qui paralyse le parti depuis trop longtemps a repris, malheureusement. Avec les meilleures intentions du monde, initiatives bordéliques et éjaculations devant les micros se succèdent : chacun arrivent avec sa petite tendance et sa solution à Mimile pour sauver l'écologie politique.

L'idée de base assez communément partagé de nos diafoirus de la ligne politique est qu'en charcutant un peu les verts, on devrait arriver a quelque chose, au moins en théorie. chacun y va de sa recomposition, de son pole à popaul, voir carrément de sa dissolution.

Aujourd'hui, jour de gloire, Notre ami Cochet nous a révélé sa recette du "vert a la française" : On a failli s'exploser sur les présidentielles, dans 9 mois on a des élections municipales et bien on va tout péter, on s'auto-dissout, au profit d'un rassemblement des écologistes qui n'existe pas et pourrait bien ne jamais exister (jusqu'ici les éclatements et cissions n'ont jamais produit d'unions).

Comme ça les militants qui étaient prêts a se défoncer pour l'écologie seront encore plus déstabilisés, dans un bordel noir, sans organisation, sans soutien national, sans existence légale.
je te raconte pas la teuf d'enfer qu'on va se faire et la braderie phénoménale : enfin toute l'écologie sera à prendre. Les partis vont se goinfrer de verdure, ils vont chier biologique, ils vont séquestrer jusqu'au méthane de leurs pets pour le snifer derrière les mairies.

j'ai adoré son bouquin "Pétrole Apocalyspe", j'en ai fait la promo, j'ai même voté pour lui, mais la, son plan "Verts apocalypse", je ne sais pas pourquoi, j'aime pas du tout.

Parfois les militants verts ressemblent à Panoramix dans le Combat des chefs après avoir pris un menhir sur la tête...

Qui est le crétin qui a balancé un menhir sur Yves Cochet ?

A moins que nous ne soyons des grands gosses passionnés de mécanique qui cherchent toujours à démonter leur jouet, à arracher les pattes des fourmis, les ailes des mouches pour voir si elles vivent encore.

Bon, je vanne un peu, façon théâtre de guignol, nos responsables, qui ne le sont pas forcément. Il y a comme un syndrome Bac+5 dans notre joli parti : il y a plein de gens tellement intelligents qui ne peuvent pas imaginer ne pas détenir la ligne politique absolument nécessaire. La passion du débat et de la rupture l'emporte sur l'austérité de la continuité besogneuse, de l'accumulation collective, la convivialité.

j'espérais que la branlée du 22 nous réveillerait tous : bigre, 1,5% et si on arrêtait de faire les cons ? Manifestement ce n'est pas gagné.

la continuité besogneuse, l'accumulation collective, la convivialité.
N'importe qui peut comprendre
  • - qu'en politique comme en éducation, la répétition favorise l'imprégnation des esprits.
  • - qu'un parti ne peut pas progresser avec une image publique de division, d'organisation en voie d'autolyse.
  • - qu'on offre pas a gouverner a des politiques pour qui chaque décision est l'enjeu d'une crise ou d'un conciliabule inaudible.
  • - qu'un adhérent neuf, ne reste pas dans un parti qui semble sans solidarité interne.

La solution ? elle est contenue dans l'énoncé du problème. La branlée du 22 devrait nous inciter a la jouer modeste.
  • A nous réformer nous même. Individuellement. moins de chicanerie, de compétition interne. Plus d'écoute, de jeu collectif.
  • A nous recentrer sur nos missions militantes et nos liaisons naturelles. et de ce point de vue les Cochet, Arditi ont raison de nous inciter à revaloriser notre fond écolo. Ce sont ces militants associatifs qu'il faut d'abord convaincre.
  • A réformer nos statuts par touches successives mais sans tarder
  • A veiller a fabriquer des personalités durables, a stabiliser l'exécutif, éviter le climat d'assemblée générale permanente
  • A coordonner nos interventions publiques en évitant la cacophonie et l'égotisme envahissant.
  • A diversifier nos stratégies et présenter l'image de l'ouverture : le parti socialiste n'est pas l'alpha et l'omega. Mais il est complètement con de vouloir batir l'avenir du parti sur des virtualités :
  • Nul ne peut savoir si on peut bâtir quelque chose avec ni-ni bayrou qui fait des bisous à tout le monde mais ne tronche avec personne.
  • Nul ne peut prétendre faire une union des écologistes avec des mini-partis qui veulent bien pour l'instant profiter de l'éclairage que nous leur apporterions mais qui comme tout parti ne peuvent supporter de ne plus exister. Ce qui existe aujourd'hui, c'est l'Alliance pour la Planète et nous devons avoir un échange fructueux avec cette organisation
  • Nul ne peut construire des schémas qui dépendent d'un mode de scrutin proportionnel tant que celui ci n'existe pas.

Toutes les alliances sont envisageables du moment qu'on avance lentement avec un caleçon en acier trempé.











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